Vénus, un soir d'été, par l'orage surprise,
Egara dans les bois son riche brodequin,
Chamarré d'ambre et d'or, et dont la forme exquise
Semblait l'oeuvre de choix du plus adroit lutin
Un mortel le trouva qui crut avoir affaire
A quelque précieux et magique trésor
Mais, dès qu'il l'eut touché de sa main téméraire,
Il vit s'évanouir le petit sabot d'or
Et voici qu'aussitôt une fleur gracieuse
Poussa, fraîche et brillante au milieu du gazon
Et les dieux de chanter la grâce merveilleuse
Que le sabot divin prit en sa floraison.
Henry Correvon "
les orchidées rustique" 1893